Appartement Marrakech à vendre pour location Airbnb : bonne idée en 2026 ?

En 2026, le cadre réglementaire marocain encadrant la location courte durée a changé. Acheter un appartement à Marrakech pour le mettre en location Airbnb suppose désormais de comprendre ce que coûte réellement la mise en conformité d’un bien destiné à la courte durée, avant même de raisonner en pourcentage de rentabilité.

Autorisation d’exploitation et plafond de 120 jours : le vrai filtre avant l’achat

Le préalable administratif conditionne tout projet de location courte durée à Marrakech, et il précède logiquement toute analyse de rendement par quartier.

En 2026, la location courte durée touristique à Marrakech nécessite une autorisation d’exploitation délivrée par le CRI, valable cinq ans. Sans ce document, le bien ne peut pas légalement accueillir de voyageurs en courte durée.

Autre contrainte souvent absente des simulations de rendement : la location meublée touristique est plafonnée à 120 jours par an. Au-delà, le bien change de régime juridique. Concrètement, un appartement loué uniquement en Airbnb ne peut pas être occupé plus d’un tiers de l’année dans ce cadre.

Ce plafond modifie radicalement les calculs. Un taux d’occupation de 75 % sur douze mois (soit environ 274 nuits) n’est tout simplement pas atteignable en restant dans les clous de la location meublée courte durée classique. Pour dépasser les 120 jours, il faut basculer vers un statut de maison d’hôtes ou d’établissement touristique classé, avec des obligations supplémentaires.

Agent immobilier présentant un appartement à vendre à Marrakech pour investissement locatif Airbnb depuis une terrasse avec vue sur la médina

Les données de marché disponibles pour 2025-2026 indiquent un taux d’occupation médian d’environ 62 % pour l’ensemble des propriétés Airbnb à Marrakech. Les biens bien situés et bien gérés montent entre 70 et 77 %.

Pourquoi ce chiffre médian est-il utile ? Parce que 62 % d’occupation sur un an représente environ 226 nuits. C’est déjà au-dessus du plafond de 120 jours. Autrement dit, le bien médian dépasse la limite légale de la location meublée touristique.

Deux options se présentent alors :

  • Rester sous les 120 jours et compléter par de la location longue durée classique le reste de l’année, ce qui divise le revenu locatif par rapport aux projections Airbnb pures
  • Obtenir un classement touristique (maison d’hôtes, par exemple), ce qui impose des normes d’équipement, de sécurité et une déclaration numérique des nuitées sur la plateforme officielle du ministère du Tourisme, avec un numéro d’enregistrement visible sur chaque annonce
  • Ignorer la réglementation, ce qui expose à des sanctions et à un retrait de l’annonce si les plateformes appliquent les vérifications demandées par les autorités marocaines

Le rendement brut annoncé de 7 à 12 % suppose une exploitation libre toute l’année. Si vous respectez le plafond de 120 jours sans classement, le rendement réel tombe mécaniquement à un tiers ou moins de ces projections.

Appartement Guéliz ou riad en médina : quel type de bien pour quel régime

Le choix du bien ne se réduit pas à un arbitrage entre quartier branché et quartier authentique. Le type de bien détermine aussi le régime d’exploitation le plus adapté.

L’appartement à Guéliz ou Hivernage

Le ticket d’entrée est le plus accessible. Les tarifs moyens oscillent autour de 1 200 à 2 000 MAD par nuit. Le taux d’occupation dans ces quartiers modernes atteint environ 77 % en année pleine pour les biens bien gérés.

En revanche, un appartement en copropriété peut poser des problèmes de voisinage avec une activité locative touristique. Les règlements de copropriété marocains n’interdisent pas systématiquement la courte durée, mais les tensions sont fréquentes. Vérifiez ce point avant l’achat, pas après.

Le riad en médina

Les riads affichent les meilleurs taux d’occupation (autour de 75 % en moyenne annuelle, avec des pointes à 82-90 % en haute saison). Leur positionnement « expérience locale » les rend attractifs pour les voyageurs internationaux.

Le riad se prête mieux au statut de maison d’hôtes, ce qui permet de dépasser le plafond des 120 jours. Mais ce statut a un coût : normes de sécurité incendie, équipements imposés, gestion professionnalisée. Un riad exploité en maison d’hôtes n’est plus un investissement passif.

Couple d'investisseurs étudiant l'achat d'un appartement à Marrakech pour le louer sur Airbnb dans un patio de riad traditionnel

Faut-il encore raisonner « rendement Airbnb » à Marrakech en 2026 ?

La demande touristique à Marrakech reste solide. Les nuitées dans les hébergements touristiques classés ont progressé d’environ 10 % au premier semestre 2026. La fréquentation internationale du Maroc continue de croître, et la perspective de la Coupe du Monde 2030 soutient la dynamique.

Mais cette hausse concerne d’abord l’hôtellerie classée. La performance Airbnb ne suit pas automatiquement la même trajectoire. Le marché de la courte durée non classée subit une pression réglementaire croissante, et l’offre de logements sur les plateformes a fortement augmenté ces dernières années.

Raisonner uniquement en « rendement Airbnb » revient à ignorer trois variables qui pèsent lourd :

  • Le coût de la mise en conformité (autorisation CRI, déclaration numérique des nuitées, éventuel classement touristique)
  • Le plafond de 120 jours qui limite mécaniquement les revenus en l’absence de classement
  • Les charges de gestion courante (ménage, accueil, maintenance, conciergerie) qui représentent une part significative du revenu brut
  • La fiscalité applicable aux revenus locatifs au Maroc, dont le régime dépend du statut choisi

L’investissement locatif à Marrakech reste pertinent, mais il exige un montage juridique clair avant même de chercher un bien. Un appartement acheté sans anticipation du régime d’exploitation risque de générer un rendement bien inférieur aux projections des portails immobiliers.

Le réflexe en 2026 n’est plus de comparer les rendements bruts par quartier. C’est de choisir un régime d’exploitation compatible avec vos moyens de gestion, puis de sélectionner le bien qui s’y prête. Le régime juridique dicte le rendement, pas l’inverse.

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