Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être mis en location. Ceux classés F suivront en 2028. Pour les bailleurs dont le bien est concerné, l’urgence est réelle : rénover, c’est à la fois éviter l’interdiction de louer et sortir du gel de loyer imposé aux passoires thermiques depuis août 2022. L’éco-PTZ, prêt à taux zéro destiné aux travaux d’amélioration énergétique, constitue l’un des outils les plus accessibles pour financer ce chantier.
Un prêt à 0 % ouvert aux propriétaires bailleurs
L’eco ptz (éco-prêt à taux zéro) permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans payer d’intérêts : l’État prend en charge ce coût à la place de l’emprunteur, qui ne rembourse que le capital sur 15 à 20 ans. Aucune condition de ressources n’est exigée.
Les propriétaires qui mettent leur logement en location peuvent en bénéficier, à condition de s’engager à louer le bien nu pendant au moins 5 ans après la fin des travaux. Les SCI et les copropriétés y ont également accès. En revanche, le locataire ne peut pas souscrire : c’est bien le propriétaire qui porte le prêt. Le logement doit être une résidence principale, achevée depuis plus de deux ans, et située en France métropolitaine. Les résidences secondaires sont exclues.
Quels montants et quels travaux sont concernés ?
Le plafond du prêt varie selon l’ampleur du projet. Pour une action ponctuelle (isolation des combles, remplacement de fenêtres), il s’élève à 15 000 euros. Un bouquet de deux postes de travaux permet d’emprunter jusqu’à 25 000 euros, et trois postes ou plus ouvrent droit à 30 000 euros. Pour une rénovation globale entraînant un gain énergétique d’au moins 35 %, le plafond atteint 50 000 euros, avec un remboursement possible sur 20 ans.
Les travaux éligibles couvrent l’isolation des murs, toitures et planchers, le remplacement des menuiseries, l’installation de systèmes de chauffage performants (pompe à chaleur, chaudière biomasse, solaire thermique), la ventilation mécanique à double flux et la production d’eau chaude sanitaire. Tous doivent être réalisés par une entreprise labellisée RGE (Reconnue Garante de l’Environnement) : sans ce label, le dossier est irrecevable. Depuis le 1er juillet 2025, les critères techniques de l’éco-PTZ sont alignés sur ceux de MaPrimeRénov’, ce qui simplifie la constitution des dossiers.
Combiner les aides pour réduire le reste à charge
L’éco-PTZ se cumule avec MaPrimeRénov’, les certificats d’économie d’énergie (CEE) et la TVA à taux réduit de 5,5 %. Il vient financer le reste à charge que les subventions ne couvrent pas. Depuis mars 2025, tous les profils de propriétaires, y compris les ménages modestes, peuvent bénéficier simultanément des deux dispositifs. À titre de comparaison, un prêt travaux classique à environ 4,5 % sur 15 ans générerait près de 10 000 euros d’intérêts pour un chantier équivalent : l’économie est donc substantielle.
Pour les bailleurs qui souhaitent aussi mobiliser MaPrimeRénov’, l’engagement de location passe à 6 ans (contre 5 pour l’éco-PTZ seul), et le parcours accompagné est obligatoire pour toute rénovation d’ampleur visant un gain d’au moins deux classes DPE. Il est possible de cumuler plusieurs prêts pour un même logement, dans la limite globale de 50 000 euros par bien et jusqu’au 31 décembre 2027.
La démarche se fait en quatre temps : choisir les travaux et obtenir un devis d’une entreprise RGE, remplir le formulaire Cerfa dédié, déposer le dossier auprès d’une banque partenaire, puis attendre l’accord écrit avant de démarrer le chantier. Une fois accordé, l’emprunteur dispose de trois ans pour réaliser les travaux.
Pour les bailleurs dont le bien est chauffé à l’électricité, un arrêté du 13 août 2025 a reclassé environ 850 000 logements hors des catégories F et G grâce à l’abaissement du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire. Une mise à jour du DPE peut être obtenue gratuitement, sans nouvelle visite, via l’observatoire de l’Ademe. Pour les autres modes de chauffage, les obligations restent inchangées.

