En 2026, assurer son logement coûte en moyenne 342 euros par an, soit une hausse cumulée de plus de 25 % depuis 2020. Pourtant, le nombre de sinistres a reculé de 9 % en 2025. Un paradoxe apparent qui mérite une explication concrète, surtout pour les ménages en pleine transition immobilière.
Des primes qui grimpent malgré une sinistralité en recul
Les données publiées par France Assureurs en juillet 2026 sont sans ambiguïté : les cotisations en multirisques habitation ont atteint 15 milliards d’euros en 2025, en hausse de 8,4 % sur un an. La prime moyenne hors taxes s’établit à 323 euros, et dépasse 350 euros pour les contrats occupants. Dans le même temps, le ratio sinistres à primes s’est amélioré à 52,8 %, son meilleur niveau depuis 2020.
Pourquoi les tarifs augmentent-ils alors que les assureurs reconstituent leurs marges ? Deux phénomènes structurels expliquent cette dynamique. D’abord, la surprime catastrophes naturelles, taux légal fixé par l’État, a été relevée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025 : elle s’applique à tous les contrats, indépendamment de l’exposition réelle du logement. Ensuite, le coût des réparations progresse plus vite que l’inflation générale : toitures, menuiseries, plomberies connaissent des hausses significatives depuis 2022. Le coût moyen d’un sinistre incendie a ainsi atteint 8 900 euros en 2025.
Pour choisir une assurance habitation adaptée à sa situation, comparer les offres reste le levier le plus efficace : les écarts entre contrats peuvent atteindre 180 euros par an à profil identique.
Des écarts de tarifs selon le profil et la région
La prime annuelle d’un locataire d’appartement de moins de 40 m² tourne autour de 107 euros, contre 406 euros pour un propriétaire d’une maison de plus de 110 m². Entre ces deux extrêmes, les situations sont très variées. La localisation joue également un rôle important : Nice affiche les tarifs les plus élevés des grandes villes (146 euros/an en novembre 2025), exposée aux orages méditerranéens et aux inondations, tandis que Metz reste nettement en dessous (118 euros/an). L’Île-de-France coûte plus de 50 % plus cher que la Bretagne au mètre carré assuré.
Le marché se structure autour de trois familles d’acteurs. Les mutualistes historiques (MAIF, MAAF, Macif, GMF) dominent le segment habitation avec une couverture étendue et une gestion sinistre documentée. Les bancassureurs proposent des contrats personnalisables mais souvent dans la fourchette haute. Les acteurs digitaux, eux, séduisent surtout les locataires urbains avec des tarifs parfois inférieurs de 20 à 30 % aux standards du marché, même si leur gestion des sinistres complexes reste moins éprouvée.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer ou de renouveler
La loi Hamon permet depuis 2014 de résilier son contrat à tout moment après la première année, sans frais ni justificatif, avec un simple préavis d’un mois. Le nouvel assureur peut même effectuer les démarches à la place de l’assuré. C’est une opportunité concrète pour les propriétaires comme pour les locataires de réévaluer leur contrat chaque année.
Quelques points méritent une attention particulière. Pour les propriétaires non-occupants (bailleurs), la cotisation moyenne s’établit à 276 euros par an selon les données Selectra 2026, un segment moins concurrentiel où les mutualistes dominent. Pour les résidences secondaires, les clauses d’inoccupation varient sensiblement d’un contrat à l’autre : certains assureurs limitent l’inoccupation à 60 jours consécutifs avant d’exclure certaines garanties.
Une lecture attentive des garanties de base reste indispensable. La couverture du relogement après sinistre majeur, la prise en charge du bris de glace ou la durée de remboursement du prêt immobilier sont des critères qui font vraiment la différence en cas de coup dur.
Dans un marché qui se tend structurellement, comparer régulièrement son contrat n’est plus une option : c’est une habitude à adopter au même titre que la révision de son taux d’emprunt.

