Le tarif d’une assurance multirisque habitation dépend d’une combinaison de variables propres au logement, à son occupant et aux garanties retenues. En 2026, la facture a sensiblement augmenté sous l’effet d’un mécanisme précis : la surprime légale liée aux catastrophes naturelles, passée de 12 % à 20 % de la prime dommages aux biens depuis le 1er janvier 2025, en application de l’arrêté du 22 décembre 2023. Ce surcoût s’applique chez tous les assureurs, sans exception.
Surprime catastrophes naturelles : le poste qui a fait grimper chaque contrat
Avant de détailler les fourchettes de prix, il faut comprendre pourquoi un contrat renouvelé ou souscrit depuis 2025 coûte mécaniquement plus cher qu’un contrat identique signé fin 2024. La surprime « catnat » est un prélèvement imposé par l’État, calculé sur la part de la prime qui couvre les dommages matériels.
Le passage de 12 % à 20 % représente donc une hausse directe et non négociable. Aucune mise en concurrence entre assureurs ne permet de l’éviter : elle figure sur chaque devis, quelle que soit la compagnie.
Ce relèvement vise à financer le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, confronté à une sinistralité climatique en forte progression. Le baromètre Assurland de juillet 2026 fait d’ailleurs état d’une hausse moyenne de 13 % des tarifs habitation entre 2025 et 2026, avec des pics nettement supérieurs dans certaines régions exposées comme la Nouvelle-Aquitaine ou la Bourgogne-Franche-Comté.

Appartement ou maison : l’écart de tarif en assurance habitation
Le type de logement pèse lourd dans le calcul du tarif. Assurer une maison revient sensiblement plus cher qu’assurer un appartement, à surface comparable. Plusieurs facteurs techniques expliquent cet écart.
Pourquoi la maison coûte plus cher à couvrir
Une maison expose l’assureur à des risques supplémentaires : toiture individuelle (grêle, tempête), dépendances, jardin, piscine éventuelle, clôtures. Ces équipements extérieurs augmentent la surface de sinistre potentiel.
L’exposition aux dégâts des eaux diffère aussi. En copropriété, le gros œuvre et la toiture relèvent du syndicat. En maison individuelle, tout repose sur le contrat du propriétaire.
Impact de la surface et du nombre de pièces
Les assureurs utilisent le nombre de pièces principales (au sens du contrat, pas au sens fiscal) comme unité de tarification. Chaque pièce supplémentaire augmente le capital mobilier estimé et donc la prime. Un logement de deux pièces sera toujours moins cher à assurer qu’un cinq pièces, à garanties identiques.
Concrètement, les simulations publiées par les comparateurs montrent qu’un locataire en appartement de moins de 20 m² paie nettement moins qu’un locataire en maison de plus de 100 m². L’écart peut aller du simple au double.
Franchise et garanties : les deux leviers qui font varier le prix d’un contrat MRH
Le tarif d’une assurance multirisque habitation ne se résume pas au logement. Deux paramètres contractuels permettent de le moduler sensiblement : le montant de la franchise et le niveau de garanties souscrites.
Comment la franchise influence la prime
La franchise est la somme qui reste à la charge de l’assuré en cas de sinistre. Plus elle est élevée, plus la prime annuelle diminue. Accepter une franchise de quelques centaines d’euros au lieu du minimum proposé peut réduire la cotisation de façon significative.
Le piège fréquent : choisir une franchise très haute pour économiser sur la prime, puis se retrouver avec un reste à charge difficilement supportable lors d’un dégât des eaux ou d’un vol. Le bon réglage dépend de la capacité financière à absorber un sinistre courant.
Garanties de base et garanties optionnelles
Un contrat multirisque habitation standard inclut généralement :
- La responsabilité civile, obligatoire pour le locataire, qui couvre les dommages causés à autrui depuis le logement
- La garantie dégât des eaux, incendie et explosion, qui protège le bâti et le mobilier contre les sinistres les plus fréquents
- La garantie vol et vandalisme, souvent conditionnée à des mesures de protection (serrure certifiée, volets)
- La garantie catastrophes naturelles, adossée à la surprime catnat mentionnée plus haut
Chaque garantie optionnelle ajoutée (bris de glace étendu, dommages électriques, piscine, dépendances non attenantes) fait monter la facture. Un contrat « tous risques » avec options complètes peut coûter le double d’une formule de base.

Localisation du logement : pourquoi le tarif varie d’une région à l’autre
Le code postal du logement est l’un des critères les plus discriminants dans la tarification. Les assureurs s’appuient sur des statistiques de sinistralité locales pour ajuster leurs primes.
Les données du baromètre Assurland 2026 confirment que les hausses de tarifs ne sont pas uniformes sur le territoire. Certaines régions très exposées aux événements climatiques (inondations, sécheresses provoquant du retrait-gonflement des argiles, tempêtes) subissent des augmentations nettement supérieures à la moyenne nationale de 13 %.
Ce phénomène crée un écart croissant entre les zones urbaines denses, souvent moins exposées aux catastrophes naturelles, et les zones rurales ou périurbaines situées en terrain argileux ou en zone inondable. Deux logements identiques, l’un à Lyon et l’autre dans une commune de Nouvelle-Aquitaine classée en zone catnat récurrente, n’auront pas du tout le même tarif.
Profil de l’occupant : locataire, propriétaire occupant ou non occupant
Le statut d’occupation modifie à la fois les garanties nécessaires et le tarif.
Le locataire doit obligatoirement souscrire une assurance couvrant au minimum la responsabilité civile locative (risques locatifs). Le propriétaire bailleur peut exiger une attestation. Le contrat locataire est généralement le moins cher, car il ne couvre pas la structure du bâtiment.
Le propriétaire occupant n’a pas d’obligation légale (sauf en copropriété, où la loi Alur impose au minimum la responsabilité civile). En pratique, il souscrit une multirisque habitation qui couvre aussi le bâti, ce qui augmente la prime par rapport à un contrat locataire.
Le propriétaire non occupant (PNO) paie une prime intermédiaire, souvent moins élevée que celle du propriétaire occupant, mais nécessaire pour couvrir les risques liés au bâti hors présence du locataire (vacance locative, défaut d’assurance du locataire).
Pièges courants et critères de choix pour un contrat MRH
Les pièges à repérer dans un devis
- Un tarif très bas qui masque des exclusions importantes : vérifier systématiquement les exclusions de garantie (catastrophes technologiques, mouvements de terrain hors arrêté catnat, dommages électriques)
- Un capital mobilier sous-évalué : en cas de sinistre total, l’indemnisation sera plafonnée au montant déclaré. Sous-estimer la valeur de ses biens pour payer moins cher se retourne contre l’assuré
- La vétusté non rachetée : sans option « valeur à neuf », l’assureur déduit un coefficient de vétusté sur chaque bien. Un canapé de cinq ans sera remboursé une fraction de son prix d’achat
- Les délais de carence sur certaines garanties (vol, dégât des eaux) qui peuvent atteindre plusieurs semaines après la souscription
Comment comparer efficacement
Comparer uniquement les primes annuelles ne suffit pas. Il faut mettre en regard le montant de la franchise, les plafonds d’indemnisation par garantie, les exclusions et les délais de carence. Un contrat à 200 euros par an avec une franchise de 500 euros et un plafond vol à 5 000 euros ne protège pas de la même manière qu’un contrat à 280 euros avec une franchise de 150 euros et un plafond vol à 15 000 euros.
Le devis doit aussi mentionner clairement la part de surprime catnat. Depuis 2025, cette ligne est plus visible, ce qui facilite la comparaison entre offres.

Hausse des tarifs en 2026 : à quoi s’attendre pour les prochaines années
Plusieurs signaux convergent vers une poursuite de la hausse. Le Figaro rapporte que les tarifs d’assurance habitation pourraient encore augmenter jusqu’à 7,5 % en 2027, sous l’effet combiné de la sinistralité climatique et de la hausse des coûts de reconstruction.
La fréquence accrue des tornades, incendies et inondations en France métropolitaine pousse les réassureurs à réviser leurs barèmes. Cette pression se répercute sur les tarifs des contrats individuels. Anticiper cette trajectoire haussière rend d’autant plus pertinent un examen attentif de son contrat actuel, de ses garanties et de sa franchise.
Obtenir plusieurs devis reste la méthode la plus fiable pour situer le tarif de son assurance multirisque habitation par rapport au marché. Le formulaire ci-dessous permet de recevoir une proposition adaptée à votre logement et à votre profil, sans engagement. Un professionnel vous rappelle pour détailler les garanties et les tarifs correspondant à votre situation.

