Le taux de loyers impayés en France atteignait 3,5 % en 2025, contre 2,1 % vingt ans plus tôt. Plus d’un bailleur sur deux déclare avoir déjà subi cette situation, et les retards de paiement ont été multipliés par trois en quatre ans. Face à cette réalité, connaître les bons réflexes et les étapes de la procédure peut faire une vraie différence sur l’issue du dossier.
Une procédure encadrée, mais longue à aboutir
Dès le premier mois d’impayé, l’UNPI recommande d’agir sans attendre. Le premier acte formel est le commandement de payer, signifié par un commissaire de justice (anciennement huissier) pour un coût compris entre 120 et 250 euros. Le locataire dispose ensuite de deux mois pour régulariser la totalité de la dette. Si le bail contient une clause résolutoire (ce qui est le cas standard), il se trouve résilié de plein droit à l’issue de ce délai en l’absence de paiement. Une assignation en résiliation de bail peut alors être déposée au tribunal, mais uniquement après expiration stricte de ces deux mois : toute assignation prématurée sera déclarée irrecevable.
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Pour connaître les recours adaptés à votre situation avant d’engager ces démarches, il faut se renseigner auprès de spécialistes du droit locatif en ligne. Le juge des contentieux de la protection peut accorder des délais au locataire, ce qui allonge encore le calendrier. Au total, une procédure d’expulsion prend souvent entre 12 et 18 mois, sans garantie de récupérer les sommes dues si le locataire est insolvable.
Depuis le 1er juillet 2025, une réforme simplifie le recouvrement : une fois un titre exécutoire obtenu (jugement ou injonction de payer), un commissaire de justice peut engager une saisie sur salaire directement, sans passer par un juge d’exécution. Le locataire conserve un délai d’un mois pour régulariser ou contester, et un reste à vivre minimum est préservé.
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Anticiper : la meilleure défense reste la prévention
En 2025, 10 % des dossiers de location déposés comportaient des documents falsifiés, soit une hausse de 40 % en un an. Bulletins de salaire, contrats de travail, justificatifs d’activité freelance : les faux circulent plus facilement qu’on ne l’imagine. Résultat, les impayés surviennent souvent dans les six premiers mois du bail.
Deux outils permettent de se couvrir après la signature. La garantie loyers impayés (GLI) est une assurance privée dont le coût varie de 2,5 à 5 % du loyer annuel. Elle couvre généralement 24 à 36 mois d’impayés et inclut souvent une protection juridique. La garantie Visale, portée par Action Logement, est gratuite pour le bailleur et couvre jusqu’à 36 mensualités dans le parc privé, avec un remboursement en quinze jours ouvrés. Son périmètre de couverture des dégradations reste plus limité (deux mois de loyer). Les deux dispositifs ont leurs contraintes d’éligibilité : la GLI suppose un locataire aux revenus solides, tandis que Visale cible des profils spécifiques selon l’âge ou le statut.
La trêve hivernale, qui court du 1er novembre au 31 mars, suspend uniquement l’exécution physique de l’expulsion, pas la procédure judiciaire ni l’accumulation des dettes. L’UNPI préconise donc de ne jamais attendre pour engager les démarches, afin d’éviter qu’un calendrier mal géré ne rallonge la situation de plusieurs mois supplémentaires.
Un impayé de loyer ne se résout presque jamais seul. La procédure est jalonnée de délais réglementaires qu’il faut respecter à la lettre, et les actualités immobilières en France montrent que les réformes récentes renforcent les outils des bailleurs, à condition de s’en saisir rapidement et dans les formes.

