Ce qu’il faut savoir sur le calcul de la taxe sur les logements vacants

Recevoir un avis de taxe pour un logement vide n’a rien d’exceptionnel : nombre de propriétaires s’y retrouvent confrontés, parfois sans l’avoir anticipé. La fameuse taxe sur les logements vacants, ou TLV, s’applique dans des situations précises, et les règles qui l’entourent peuvent vite donner le tournis. Dans cet article, faisons le point sur la taxe sur le logement vacant, et, en parallèle, sur sa cousine la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) : deux dispositifs proches mais pas identiques. On prendra aussi le temps d’aborder un point qui intrigue souvent : la possibilité de déduire cette taxe du revenu foncier. Pour ceux qui veulent creuser, les textes officiels (BOFIP) sont à retrouver en bas de page.

Pour clarifier le sujet, on peut s’appuyer sur les questions fréquentes des propriétaires :

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  • Qui doit s’acquitter de la taxe sur les logements vacants ?
  • Quelles sont les circonstances permettant d’y échapper légalement ?
  • Quel rapport entre la TLV et une résidence secondaire ?
  • Comment la taxe est-elle calculée, et à quelle date la notification est-elle envoyée ?
  • En quoi la taxe d’habitation sur les logements vacants se distingue-t-elle de la TLV ?
  • Est-il possible de déduire la TLV ou la THLV du revenu foncier ?

Qui doit payer la taxe sur les logements vacants ?

Cette taxe concerne les propriétaires de logements voués à l’habitation principale, mais qui sont restés inoccupés pendant au moins un an, au 1er janvier de l’année d’imposition. Concrètement, il s’agit surtout de ceux qui possèdent un appartement ou une maison mis en location et qui peinent à trouver un locataire. Dans les communes où la demande immobilière explose, appelées zones “tendues”, l’administration fiscale applique la TLV : une façon de pousser à remettre le bien sur le marché locatif.

Deux éléments pèsent dans la balance : le logement doit être vacant depuis plus d’un an et être situé dans une commune soumise à la taxe, en général une grande ville ou agglomération où la population dépasse 50 000 habitants et où le dispositif a été instauré. En présence d’un démembrement, c’est l’usufruitier, celui qui bénéficie de la jouissance du bien, qui est responsable du paiement. Avant d’accepter la charge sans broncher, un passage en revue des motifs d’exonération peut vous éviter des frais inutiles.

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Exonérations possibles de la taxe sur les logements vacants

Plusieurs situations permettent d’échapper à la TLV parmi lesquelles :

  • Le logement a été réellement occupé plus de 90 jours consécutifs sur l’année.
  • L’inoccupation ne dépend pas de la volonté du propriétaire : par exemple, si le bien est en vente sans trouver d’acquéreur, l’absence d’occupant n’est pas considérée comme une carence.
  • Des travaux lourds rendent le logement inhabitable. Pour être valide, la valeur des travaux doit représenter au moins un quart du prix du bien, ou concerner des points essentiels à l’habitabilité comme l’électricité ou la structure du bâtiment.
  • Le bien est meublé et la taxe d’habitation est déjà acquittée, dans ce cas la TLV n’est tout simplement pas exigée.

En cas d’avis de taxation reçu alors que vous êtes dans l’une de ces situations, il suffit de signaler le motif à l’administration fiscale. Des modèles de courrier existent pour cet usage, il ne faut pas hésiter à les utiliser pour soutenir votre demande.

Taxe sur logement vacant et résidence secondaire : articulation et précisions

Lorsque le logement en question est une résidence secondaire, l’administration va examiner sa situation de près pour déterminer s’il s’agit vraiment d’un bien vacant. Généralement, lorsque la taxe d’habitation est déjà prélevée, la TLV ne s’applique pas. Si, malgré tout, le logement entre dans le champ d’application, seules les conditions d’exonération listées précédemment pourront vous concerner. Dans les faits, louer le logement au moins 90 jours par an ou engager des travaux substantiels reste la voie la plus simple pour éviter la taxe.

Calcul et calendrier : comment est fixée la TLV ?

Il n’existe pas de montant universel pour la TLV : tout dépend de la valeur locative cadastrale du bien, soit la même base utilisée pour calculer la taxe foncière ou la taxe d’habitation. Cette valeur prend en compte la surface, la localisation et le niveau de confort du logement. Pour la première année, le taux appliqué est de 12,5 %. Dès la seconde année, il grimpe à 25 %. Ainsi, la taxe double après un an de vacance continue, mais reste en général inférieure à la taxe foncière classique. Les éventuels frais de gestion sont ajoutés au calcul.

L’avis est envoyé en novembre, pour un paiement à effectuer avant la mi-décembre. Si le courrier arrive dans votre boîte aux lettres, le calendrier laisse peu de place à la procrastination.

THLV et TLV : deux taxes, des différences notables

En dehors des grandes agglomérations “tendues”, une autre taxe veille au grain : il s’agit de la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV). Impossible de cumuler les deux, c’est toujours l’une ou l’autre. La THLV s’applique dans les communes qui ne sont pas concernées par la TLV. Si le logement vide est situé en dehors d’une zone soumise à la TLV, il se peut que la collectivité ait instauré la THLV. Petite particularité : la THLV ne devient exigible qu’après deux années pleines d’inoccupation du logement. Pour le reste, la base de calcul reste la même, les motifs d’exonération sont similaires, et le principe de contestation auprès du service des impôts s’applique tout autant.

TLV, THLV et revenu foncier : ce qu’il faut savoir

À ne pas se tromper : ni la taxe sur les logements vacants, ni la taxe d’habitation sur les logements vacants ne peuvent être déduites de votre revenu foncier. Cela ne concerne que la taxe foncière, à condition bien sûr que le logement soit effectivement loué. La raison est simple : ces deux taxes existent précisément parce qu’aucun loyer n’est perçu durant la vacance. Ceux qui veulent vérifier la liste complète des charges déductibles peuvent se reporter aux bulletins officiels pour retrouver, ligne par ligne, ce qui entre ou non dans la déclaration. La TLV et la THLV n’y figurent pas.

La fiscalité sur les logements vacants, ce n’est pas seulement une histoire de chiffres et de cases à remplir. C’est un terrain où chaque situation compte, parfois à la virgule près. Transformer une obligation fiscale en opportunité locative, connaître les leviers pour alléger la facture : voilà ce qui reste à garder en tête quand vient la prochaine notification d’impôt. Restera à décider, face à la page blanche et à la case « occupation », quelle trajectoire donner à son bien.

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