Les livrets résistent encore et toujours à l’impôt. Ici, pas de prélèvements sur les intérêts, ni d’assiettes sociales à l’horizon. Mais ne rêvons pas, leur nombre se compte sur les doigts d’une main et leur rendement est parfois à la traîne, loin derrière l’inflation. D’autres placements allègent simplement la note fiscale, tandis que l’assurance-vie conserve son avantage tant qu’aucune sortie n’a lieu.
4 livrets d’épargne sans imposition ni prélèvements sociaux
Le livret A
Le livret A affiche un taux d’intérêt de 0,50 % : largement en deçà de l’augmentation des prix. Les virements et retraits restent gratuits à partir de 10€. Le plafond réglementaire pour les dépôts s’établit à 22 950 €, mais une fois cette limite atteinte, les intérêts continuent de s’accumuler hors impôt et hors prélèvements sociaux. Le capital, lui, peut donc dépasser ce seuil grâce aux gains générés. Un chiffre récent illustrera l’engouement : en février 2021, la Caisse des Dépôts recense 3,77 milliards d’euros de versements supplémentaires, portant l’encours total à 459,3 milliards d’euros.
LDDS (Livret de développement durable et solidaire)
Pour ouvrir un LDDS, un versement minimum de 15€ est requis. Les fonds servent en priorité à financer la transition énergétique des logements. Les opérations restent sans frais, avec un plafond de dépôts de 12 000 €. Au-delà, la rémunération continue, toujours exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le taux d’intérêt est aligné sur celui du livret A : 0,50 %. À noter : une carte de retrait peut être délivrée, utilisable uniquement dans le réseau de la banque émettrice. Pour donner une idée concrète, à la fin février 2021, 91 millions d’euros ont été déposés sur les LDDS, portant l’encours à 123,5 milliards d’euros.
Le LEP (Livret d’épargne populaire)
Depuis le 1er février 2020, le LEP offre 1,00 % d’intérêts, mais son accès dépend de conditions de ressources. Un premier versement de 30€ est exigé et l’encours ne peut excéder 7 700 €. Les intérêts, non fiscalisés et non soumis à la CSG, se capitalisent même au-delà du plafond. Seule la banque d’ouverture gère les opérations. Ce livret vise les personnes aux revenus modestes : par exemple, un foyer avec 2 parts ne doit pas dépasser 30 645 € de revenus. Pour situer l’enjeu, fin janvier 2021, la Banque de France dénombre 39,5 milliards d’euros placés en LEP dans l’Hexagone, Corse comprise.
Le livret Jeune
Ce livret s’adresse aux 12-25 ans résidant en France. Son taux est fixé librement par les établissements bancaires, mais ne descend jamais sous 0,75 %. Les intérêts échappent à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Les jeunes de moins de 16 ans doivent obtenir l’accord d’un représentant légal pour effectuer un retrait. Le plafond est limité à 1 600 €. Particularité notable : seul le titulaire a le droit d’alimenter le compte.
Un livret d’épargne qui allège la fiscalité
Le Plan d’épargne retraite populaire (Perp) vise à constituer une rente pour la retraite. Au terme du contrat, les sommes sont converties en revenus à vie. Les versements bénéficient d’une déduction fiscale jusqu’à 3 804€, ou 10 % du revenu professionnel dans la limite de 30 893€. Néanmoins, la rente perçue sera soumise à l’impôt sur le revenu comme une pension. Il est toutefois possible de réclamer le versement du capital, soumis alors au système du quotient ou à un prélèvement de 7,5 %.
Le cas particulier du CEL (Compte épargne logement)
Pour les CEL ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts échappent à l’impôt mais subissent la CSG à hauteur de 17,2 %. Pour ceux ouverts après cette date, la fiscalité est plus lourde : 30 % d’imposition répartis ainsi :
- 12,8 % de prélèvement forfaitaire non libératoire,
- 17,2 % de CSG.
Le rendement plafonne à 0,25 %. Après un versement initial de 300€, les épargnants peuvent effectuer des dépôts libres à partir de 75€, sans dépasser 15 300 €. Le but du CEL : accumuler des droits à prêt et à prime d’État grâce à l’épargne constituée. Pour donner un ordre de grandeur, à fin janvier 2021, les CEL détenus par les ménages en France métropolitaine représentaient 31,2 milliards d’euros.
Assurance-vie : fiscalité uniquement en cas de rachat
Primes versées avant le 27 septembre 2017
Les intérêts issus des contrats d’assurance-vie ne sont imposés qu’en cas de retrait, qu’il soit partiel ou total. Après 8 ans, chaque souscripteur bénéficie d’un abattement de 4 600€, ou 9 200€ pour un couple. Au-delà, la taxation dépend de l’ancienneté du contrat :
- Après 8 ans : 7,5 % + 17,2 % de CSG,
- Entre 4 et 8 ans : 15 % + 17,2 % de CSG,
- Moins de 4 ans : 35 % + 17,2 % de CSG,
- Dans tous les cas, l’épargnant peut opter pour l’impôt sur le revenu + 17,2 % de CSG.
À noter : la performance varie selon les supports choisis et leur niveau de risque.
Primes versées après le 27 septembre 2017
La fiscalité s’applique aussi uniquement lors d’un retrait. Avant 8 ans de détention, le taux est de 30 % :
- 12,8 % de prélèvement forfaitaire,
- 17,2 % de CSG.
Au-delà de 8 ans, l’abattement annuel de 4 600€ (ou 9 200€ pour un couple) s’applique, puis :
- 7,5 % + 17,2 % de CSG si le capital est inférieur à 150 000€,
- 12,8 % + 17,2 % de CSG au-delà de ce seuil,
- Ou, sur option, impôt sur le revenu + 17,2 % de CSG.
Assurance-vie : garanties et fonctionnement
Les versements sur un contrat d’assurance-vie peuvent être réguliers ou ponctuels, et prennent parfois la forme d’une prime unique. Les frais de gestion et d’arbitrage varient selon les banques, certaines proposent des promotions temporaires. Les fonds et intérêts placés sur les fonds en euros sont garantis, mais leur rendement s’effrite d’année en année. Pour se faire une idée, la Fédération Française de l’Assurance a calculé un rendement moyen de 1,4 % en 2019, certains contrats dépassant encore 2,5 %. Au 3e trimestre 2020, les contrats en euros totalisaient 1 718 milliards d’euros.
À l’inverse, les unités de compte n’assurent aucune garantie sur le capital : l’épargne est investie en Bourse, ce qui peut permettre de viser plus de 4 %. Les cotisations sociales sont prélevées chaque année sur les fonds en euros, alors qu’elles ne s’appliquent qu’au rachat pour les unités de compte. À la même période, l’encours des contrats en unités de compte atteignait 385 milliards d’euros.
Pour approfondir et optimiser la gestion de vos placements
Le panorama des placements exonérés d’impôt est désormais bien balisé. Une majorité de Français les connaît déjà, mais il reste utile de rappeler que ces solutions conviennent surtout aux petits patrimoines. Les rendements sont faibles : tout est pensé, en réalité, pour encourager la circulation rapide de l’épargne dans l’économie.
Pour explorer d’autres pistes, il existe des articles de référence, comme celui-ci pour savoir où placer son argent selon ses besoins concrets. Ce lien permet d’approfondir le sujet. Car tout dépend, au fond, de votre budget et de vos objectifs personnels.
Plusieurs objectifs peuvent être poursuivis : viser la rentabilité maximale, privilégier des revenus réguliers, ou préférer des placements à court terme.
L’article recommandé met en lumière toutes les options accessibles en fonction de vos priorités. Si le rendement prime, la Bourse reste une piste à explorer. Pour des revenus réguliers, les SCPI méritent l’attention. Pour alléger la fiscalité, le PER offre d’autres marges de manœuvre.
Chaque mécanisme de placement est décortiqué, et surtout, les acteurs les plus performants du marché sont mis en perspective, avec des comparaisons sur les frais, la rentabilité, la durée ou encore les conditions tarifaires. De quoi trouver le support le mieux adapté, sans perdre de temps.
Pour qui veut réellement faire fructifier son épargne, prendre le temps de consulter cette ressource peut faire toute la différence. L’argent placé intelligemment dessine toujours une trajectoire plus sereine.

