Les clauses essentielles à inclure dans un contrat de bail

Location meublée : chacun croit en connaître les règles, mais la réalité se dérobe sous les certitudes. Plus souple que la location nue, le bail meublé multiplie les options et réserve son lot d’exigences. Avant de remettre les clés, il faut aligner ses obligations et bâtir un contrat qui ne laisse aucune faille.

Un bail de location meublée : 1 mois, 9 mois, 1 an ou davantage ?

En matière de location meublée, la loi offre une palette élargie pour fixer la durée du bail. Le mode d’occupation du logement va déterminer votre marge de manœuvre.

Deux situations sont à distinguer :

1. Lorsque le locataire fait du logement sa résidence principale

Dans cette hypothèse, trois formats de durée sont envisageables :

  • 1 an avec un contrat classique de location meublée, renouvelable tacitement,
  • 9 mois pour un bail étudiant, non renouvelable,
  • De 1 à 10 mois avec un bail mobilité, qui ne se prolonge pas.

2. Si le locataire cherche uniquement un point d’ancrage

Il convient alors d’opter pour un bail de location meublée à usage de résidence secondaire ou de local professionnel. Ce contrat relève d’un autre régime que celui du logement principal.

I. Quelles obligations pour louer en meublé ?

Depuis la loi ALUR, le régime du meublé s’est rapproché de celui de la location vide. Le décret du 29 mai 2015 institue un modèle-type pour les baux de résidence principale, que chaque contrat signé à compter du 1er août 2015 doit impérativement respecter. Un bail écrit, conforme à l’article 25-7 de la loi de 1989, s’impose. Transformer un logement nu en meublé ? Il faut alors réviser ses habitudes et adopter scrupuleusement ce cadre.

Le modèle réglementaire précise les clauses à intégrer d’office et celles que la loi écarte, ainsi que les documents à joindre au bail. Concrètement, on doit retrouver :

Clauses à inclure dans le bail meublé

  1. Identification des parties :
  • Coordonnées du propriétaire et, le cas échéant, de son mandataire,
  • Nom et identité du locataire.
  1. Durée de la location et date de disponibilité du bien (qui peut différer de la date de signature).
  2. Description précise du logement et de ses annexes (cave, garage, jardin, etc.), surface comprise.
  3. Inventaire des équipements technologiques (accès internet, téléphonie, etc.).
  4. Nature des parties communes accessibles.
  5. Destination du logement : préciser s’il s’agit d’un usage strictement résidentiel ou d’un usage mixte (résidentiel et professionnel).
  6. Loyer :
    • montant demandé et modalités de paiement,
    • conditions de révision annuelle,
    • si le précédent locataire est parti depuis moins de 18 mois : montant et date du dernier loyer réglé.
  7. Travaux réalisés : détail des interventions faites depuis le départ du dernier locataire et leur coût.
  8. Dépôt de garantie (lorsqu’il existe) : il ne peut excéder deux mois de loyer hors charges. À noter : aucun dépôt n’est permis dans le cadre d’un bail mobilité.

Dans certains cas, des mentions supplémentaires sont requises :

  • Si le bien est situé en zone tendue :
Zones à encadrement des loyers Zones d’expérimentation encadrement locatif
Inclure :

· conditions appliquées au précédent locataire,
· date du dernier paiement et de la dernière révision de loyer.

· loyer de référence et majoration éventuelle,
· éléments justifiant un complément de loyer.

  • Si la location est gérée par un professionnel rémunéré :

Le contrat doit alors comporter (sous peine de nullité) :

  • les dispositions légales de l’article 5-I, alinéas 1 à 3 de la loi du 6 juillet 1989,
  • le montant exact des honoraires restant à la charge du locataire.

Quelles règles pour la résiliation du bail meublé ?

La loi n’exige pas d’indiquer dans le bail les modalités de résiliation, mais celles-ci figurent dans la notice d’information à joindre obligatoirement au contrat. Mieux vaut systématiquement vérifier que ces documents sont actualisés à chaque signature. Pour rompre un bail meublé à usage d’habitation principale :

Le locataire doit donner congé avec un préavis d’un mois (pour les baux d’un an ou de 9 mois), par lettre recommandée avec accusé de réception, acte d’huissier ou remise en main propre contre émargement. Le loyer reste dû pendant toute la période de préavis, sauf si vous acceptez de libérer le logement plus tôt en cas de relocation immédiate.

Le bailleur peut mettre fin au bail à son échéance, à condition de notifier son congé trois mois à l’avance, par lettre AR, acte d’huissier ou remise en main propre. Trois motifs sont autorisés :

  1. Mise en vente du logement,
  2. Reprise pour l’habiter lui-même ou le réserver à un proche (conjoint, ascendants, descendants, ou ceux de son conjoint),
  3. Raison légitime et sérieuse : impayés répétés, absence d’assurance, sous-location interdite, dégradation ou trouble de voisinage caractérisé.

6 documents à annexer au bail de location meublée

  1. Notice d’information (obligatoire depuis le 1er août 2015) détaillant :
  • les droits et devoirs du locataire et du bailleur,
  • les procédures de médiation et les recours disponibles en cas de conflit.
  1. État des lieux d’entrée : ce constat écrit, établi lors de la remise des clés, facilitera la comparaison avec l’état de sortie. Le locataire dispose de dix jours pour y ajouter ses observations. Un professionnel peut en assurer la réalisation.
  2. Inventaire et état détaillé du mobilier : liste précise des meubles et équipements disponibles dans le logement.
  3. Attestation d’assurance risques locatifs : remise par le locataire à la signature, puis chaque année.
  4. Dossier de diagnostics techniques obligatoires :
  • Diagnostic de performance énergétique (DPE),
  • Constat de risque d’exposition au plomb,
  • État des risques naturels, technologiques ou sismiques (si applicables),
  • Contrôle de l’installation électrique et gaz (pour les installations de plus de 15 ans),
  • Information sur l’exposition au bruit des aéroports (si le bien est concerné).
  1. Extraits du règlement de copropriété si l’immeuble est en copropriété : à fournir pour informer sur la destination des lieux, l’usage des parties communes et privatives, ainsi que la répartition des charges.

Clauses à bannir dans un bail meublé

Certaines dispositions, encore trop souvent glissées dans les contrats, sont explicitement écartées par la loi. Elles n’invalident pas le bail, mais seront réputées non écrites en cas de contentieux.

Voici les principales clauses interdites :

  • Imposer au locataire un assureur spécifique (sauf pour la colocation),
  • Forcer l’achat d’un contrat de location de matériel,
  • Autoriser les visites les jours fériés ou au-delà de deux heures par jour ouvrable en cas de vente ou de départ du locataire,
  • Exiger le paiement du loyer par prélèvement automatique,
  • Rendre tous les locataires responsables ensemble des dommages dans les parties communes,
  • Tenir le locataire automatiquement responsable en cas de dégradation du logement,
  • Prendre des sanctions pécuniaires pour non-respect du contrat ou du règlement intérieur,
  • Prévoir la résiliation du bail pour tout motif autre que l’impayé de loyer ou charges, le non-versement du dépôt de garantie ou l’absence d’assurance,
  • Facturer des frais de relance ou d’envoi de quittance.

Interdiction également de limiter la liberté du locataire sur les points suivants :

  • Pratiquer des activités politiques, syndicales, associatives ou religieuses,
  • Héberger des personnes extérieures à son foyer habituel,
  • Réclamer une indemnité pour des travaux excédant 21 jours.

Pour signer un bail meublé, deux voies s’offrent à vous :

  • Rédaction en deux exemplaires sur papier libre, avec ou sans professionnel de l’immobilier,
  • Signature devant notaire : le coût de l’acte est partagé, et le contrat bénéficie d’une date certaine ainsi que d’une force probante supérieure.

Le choix du formalisme vous appartient. Mais si vous optez pour un contrat « maison », veillez à ce que chaque bail de location meublée comporte toutes les mentions requises.

II. Location de mobilité : règles spécifiques

Le bail mobilité s’ajoute au bail meublé traditionnel. Il doit mentionner, en plus des mentions déjà citées, des éléments particuliers : durée minimale d’un mois, maximale de dix mois, non renouvelable. Impossible de reconduire ce contrat ni d’exiger un dépôt de garantie.

Le bail mobilité doit donc clairement indiquer :

  • Date de prise d’effet,
  • Durée exacte (sinon le contrat ne vaut rien),
  • L’interdiction de tout dépôt de garantie.

Pour les clauses interdites, il reprend celles du bail meublé classique, auxquelles s’ajoutent :

  • Interdiction de prévoir un dépôt de garantie,
  • Absence de solidarité entre colocataires ou cautions,
  • Impossibilité de renouveler ou reconduire le bail mobilité (il peut simplement être prolongé jusqu’à la limite de dix mois, au-delà il faut basculer sur un autre contrat).

Attention à la tentation du modèle gratuit de bail meublé

Maîtriser la réglementation et les subtilités liées à la rédaction d’un bail meublé ouvre la porte à l’utilisation de modèles gratuits téléchargeables en ligne. Mais rien ne dispense d’une relecture attentive avant de faire signer le contrat. Chaque clause engage votre responsabilité, qu’elle y figure explicitement ou par omission.

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** Arrêté du 29 mai 2015 sur le contenu de la notice d’information jointe à tout contrat de location de résidence principale.

Un contrat bien rédigé, c’est la garantie d’une location meublée sereine. Entre vigilance et anticipation, le bailleur trace une frontière claire, où chaque mot compte et chaque signature engage.

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