Une franchise qui ne se négocie pas, un montant qui s’impose à tous : dans le domaine des catastrophes naturelles, l’assurance ne laisse aucune place à l’arrangement ou à l’exception. Le tarif ne dépend pas du contrat, mais d’un seuil légal déterminé par décret. Même si la garantie catastrophe naturelle est automatiquement incluse dans tous les contrats multirisques habitation, impossible d’échapper à la franchise ou d’en discuter le montant avec son assureur.
Pour certains types de biens, le montant grimpe encore. Les véhicules professionnels ou agricoles, par exemple, supportent des franchises plus lourdes que les habitations classiques. Les collectivités locales, elles aussi, se voient parfois appliquer des montants spécifiques, qu’elles aient ou non opté pour la couverture maximale. En clair, la prise en charge dépend à la fois du bien concerné et du statut de son propriétaire.
Comprendre le régime des catastrophes naturelles en assurance
On parle souvent du régime des catastrophes naturelles ou « cat nat ». Ce système, mis en place par la loi du 13 juillet 1982, impose la garantie catastrophe naturelle à tous les contrats d’assurance dommages couvrant des biens en France. L’idée ? Mutualiser la réponse face à des risques naturels qui dépassent les moyens individuels des assurés.
Pour qu’un sinistre soit traité dans le cadre du régime cat nat, il faut une chose : que l’état de catastrophe naturelle soit officiellement reconnu par un arrêté interministériel publié au Journal officiel. Sans cette reconnaissance administrative, la garantie ne s’active pas. C’est donc d’abord l’État qui décide, ensuite l’assurance prend le relais.
Le financement s’appuie sur la solidarité nationale. Les assureurs mutualisent les risques via la Caisse centrale de réassurance (Ccr), bras armé de l’État, qui intervient pour couvrir les indemnisations quand elles dépassent certains seuils. Grâce à ce mécanisme, les contrats d’assurance peuvent encaisser des catastrophes majeures sans mettre en péril l’ensemble du secteur.
Attention, la garantie catastrophe naturelle cible uniquement les dommages matériels directs provoqués par des phénomènes comme une inondation, un glissement de terrain, une sécheresse ou un séisme, à condition que l’arrêté le mentionne. Les pertes d’exploitation sont exclues, sauf mention expresse au contrat. Ce détail explique pourquoi particuliers, entreprises ou collectivités n’ont pas toujours la même couverture : chacun doit vérifier précisément la portée de son contrat d’assurance, surtout face à la multiplication des risques naturels.
Franchise obligatoire : qui doit la payer en cas de sinistre ?
La franchise catastrophe naturelle s’applique systématiquement pour chaque assuré dont le sinistre a été reconnu par arrêté. Ce montant, fixé par le code des assurances, ne se discute pas. Pour un particulier, la franchise en cas de catastrophe naturelle s’élève aujourd’hui à 380 euros par bien assuré. Pour un professionnel, elle atteint 10 % du montant des dommages, avec un minimum de 1 140 euros. Les collectivités locales, elles, sont soumises à des règles spécifiques, souvent plus strictes si elles subissent des sinistres à répétition.
Concrètement, l’assureur retire la franchise du montant total de l’indemnisation. L’assuré doit donc assumer cette part, même si les dégâts sont bien plus importants. Rares sont les cas où l’État intervient pour rembourser la franchise, et cela reste réservé à des événements exceptionnels.
| Type d’assuré | Montant franchise |
|---|---|
| Particulier | 380 € |
| Professionnel | 10 % des dommages (min. 1 140 €) |
Cette franchise vise à responsabiliser chaque assuré et à limiter la charge sur le système collectif. Pour une petite entreprise ou un foyer modeste, l’effort financier n’est pas anodin : la facture peut vite grimper, alors même que le contrat ne prévoit aucun remboursement de ce reste à charge, sauf clause très spécifique, peu courante dans l’assurance.
Quels dommages et biens sont réellement couverts lors d’une catastrophe naturelle ?
La garantie catastrophes naturelles s’active seulement si l’état de catastrophe naturelle est reconnu par un arrêté interministériel. Elle couvre exclusivement les dommages matériels directs liés à l’intensité inhabituelle d’un événement naturel : inondation, coulée de boue, mouvement de terrain, sécheresse, etc.
La plupart des contrats d’assurance habitation incluent cette garantie, à condition que le bien soit déjà protégé contre l’incendie, le vol ou le bris de glace. La protection s’étend alors aux bâtiments, annexes, installations fixes et mobilier. Un mur fissuré après une sécheresse, une toiture endommagée par une tempête, une infiltration d’eau après une inondation : voilà le type de dégâts pris en charge, sous réserve de la franchise.
Ce que la couverture exclut
Voici les principales exclusions à connaître avant de déclarer un sinistre :
- Les véhicules : il faut une garantie dommages tous accidents ou une option spécifique pour espérer une indemnisation.
- Les terrains nus, plantations, clôtures non maçonnées ne sont pas couverts.
- Les pertes d’exploitation requièrent une extension de contrat distincte.
La garantie ne s’étend ni aux préjudices immatériels, ni aux dommages subis avant la publication officielle de l’arrêté. Seuls les biens mentionnés au contrat sont concernés. Il vaut mieux vérifier la liste des biens couverts, surtout pour les dépendances ou équipements extérieurs, qui sont souvent à l’origine de désaccords lors de l’expertise.
Les étapes clés pour obtenir une indemnisation et faire valoir ses droits
Tout commence par la reconnaissance officielle de l’état de catastrophe naturelle. Sans arrêté publié au Journal officiel, impossible d’activer la garantie, même si les dégâts sont manifestes. Cette publication est le sésame légal pour tout le processus d’indemnisation.
Dès que l’arrêté paraît, l’assuré dispose d’un maximum de dix jours pour déclarer le sinistre à son assureur. Ce délai débute à la date de publication, pas au jour du sinistre. Dépasser ce délai signifie compliquer, voire perdre, le droit à indemnisation.
Un dossier solide fait toute la différence. Il faut joindre à la déclaration toutes les preuves : photos, factures, devis, constats. Plus les éléments sont précis, plus l’expertise sera fiable et le montant de l’indemnisation adapté.
La suite est encadrée par la loi : l’assureur doit verser l’indemnité dans les trois mois après la remise de l’état estimatif des pertes. Si un désaccord surgit sur le montant proposé, il reste possible de demander une contre-expertise ou de saisir le médiateur de l’assurance.
Chaque contrat applique ses propres règles, mais respecter les délais, fournir des documents détaillés et maintenir un dialogue transparent avec l’assureur maximisent les chances d’être indemnisé correctement au titre du régime cat nat. Reste à affronter les caprices du climat, l’assurance en poche et la vigilance comme alliée.


